Extrait d’une réflexion en cours

Posté par Youssoufou OUEDRAOGO le 5 septembre 2019

Cet état d’esprit, rapport de force dépendant, « remonte » … pour imprégner de plus en plus la vie nationale, des mouvements et luttes de corporations diverses. En effet, dans les conflits sociaux, les propos et les comportements sont, de plus en plus, inutilement mensongers, discourtois voire injurieux de part et d’autre.

Il y a, dans certains cas, probablement, des problèmes de maîtrise de la langue de travail (le Français) à considérer ; dans d’autres, des tempéraments et caractères spécifiques ou autres (qui poseraient un problème de représentation), peut-être des manipulations (toujours possibles) qui assureraient certains arrières, etc.

Sous réserve de ces éléments, et des postures idéologiques et politiques, figées et insensibles à toute argumentation, on y sent des révoltes ou des haines qui débordent largement des situations instantes, pour conflictuelles qu’elles puissent être. Car de ces conflits (légitimes ou pas n’est pas le débat) se développent et se greffent des embranchements subjectifs qui amplifiant les dégâts sur autrui (dits collatéraux) et sans plus-value quant aux conditions de vie et de travail des ‘lutteurs’, quant au dépassement en mieux de la situation du conflit en traitement. Les modèles-types (mais non-exclusifs) sont les exigences de démission de responsables nationaux (directeurs, ministres, etc.) par des regroupements d’intérêts spécifiques, des syndicats en l’occurrence[1]. Et cela, parfois, en défiance frontale ou violente du choix d’un autre regroupement d’intérêts ou corporation[2].

Ces embranchements subjectifs qui encombrent les conflits sociaux sont désormais protégés par le « dieu » rapport de force, devant lequel vole aux éclats toute autre considération contrariante : légalité, déontologie, éthique, intention/volonté de respect d’autrui, etc. Ce rapport de force, en roue libre, tend à devenir le principal régent du partenariat social quelles que soient les conséquences diffuses pour le pays, la profondeur et l’étendue des dégâts dits collatéraux.

Ce phénomène devient particulièrement préoccupant lorsqu’il contamine des corps dits habillés, en fait, armés, comme on a pu le voir avec la Police nationale et la Garde de sécurité pénitentiaire, et le mouvement de soldats « dû à un ressentiment » après l’attaque meurtrière de la caserne frontalière de Koutougou[3]. Il peut devenir meurtrier lorsqu’il contamine des initiatives comme les Koglwéogo, ou des intérêts locaux, comme ceux relatifs au foncier : exemple de Yirgou dans le Centre Nord, et de Nafona, dans les Cascades[4], respectivement.

Ce ne sont plus seulement les représentants de l’Autorité (corporatiste ou politico-administrative) qui sont tailladés et discrédités mais, implicitement, c’est le principe d’Autorité lui-même qui se déracine. Ce principe d’autorité est indispensable à tout système de vivre-ensemble, à quelque échelle que ce soit (de la famille au Paradis), à toute organisation (du grin de thé à l’OTAN).


[1] Voir entre autres, « Pour la démission du DG du CENOU, les étudiants marchent à Kossodo » sur http://bit.ly/2Ue1GHZ du 15 octobre 2015 ; « Grève à la Poste : « « S’il part à 10h, nous reprenons le travail à 11h », clame un agent à propos du Directeur » sur https://lefaso.net/spip.php?article89604 du 13 mai 2019 ; « Burkina: les agents GRH exigent la démission du ministre de la Fonction publique » sur http://bit.ly/2KZU5K7 du 27 aout 2019.

[2] Voir, entre autres, « Transport au Burkina : Les routiers veulent la tête du président de l’OTRAF » sur http://lepays.bf/55186-2/ du 27 aout 2018 ; « Éducation : Le SYNTEF, un nouveau syndicat en désaccord avec la CNSE » sur https://lefaso.net/spip.php?article89981 du 31 mai 2019.

[3] Voir entre autres, « Mouvement d’humeur des policiers au Burkina Faso » sur http://bit.ly/2KTWEvU du 27 octobre 2017 ; « Mouvement d’humeur au sein de la GSP : L’administration pénitentiaire en appelle à la conscience des manifestants » sur  https://lefaso.net/spip.php?article86302 du 7 novembre 2018 ; « Mouvement d’humeur à la police : L’UNAPOL n’est pas l’investigateur » (comprendre « instigateur ») sur http://bit.ly/2KQr2Yd du 7 mars 2019 ; vidéo « L’APN invite le gouvernement à prendre des mesures nécessaires… » sur http://bit.ly/2TMlWjF du 31 mai 2019 ; « Burkina Faso: la colère de certains militaires après l’attaque de Koutougou » sur http://bit.ly/2Pg83f0 du 24 aout 2019.

[4] Voir, entre autres, « Lynchage de deux policiers à Banfora : l’UNAPOL regrette l’attitude du gouvernement et celle de la hiérarchie policière » sur http://lepays.bf/lynchage-de-deux-policiers-a-banfora-lunapol-regrette-lattitude-du-gouvernement-et-celle-de-la-hierarchie-policiere/ du 15 janvier 2019 ; « Yirgou ou lorsque le vivre-ensemble se retrouve sérieusement menacé » sur https://www.burkina24.com/2019/01/08/yirgou-ou-lorsque-le-vivre-ensemble-se-retrouve-serieusement-menace/ du 8 janvier 2019 ; « Massacre de Yirgou au Burkina: les familles dénoncent la lenteur de la justice » sur http://www.rfi.fr/afrique/20190623-massacre-yirgou-burkina-familles-denoncent-lenteur-justice du 23 juin 2019.

 


[1] Voir entre autres, « Pour la démission du DG du CENOU, les étudiants marchent à Kossodo » sur http://bit.ly/2Ue1GHZ du 15 octobre 2015 ; « Grève à la Poste : « « S’il part à 10h, nous reprenons le travail à 11h », clame un agent à propos du Directeur » sur https://lefaso.net/spip.php?article89604 du 13 mai 2019 ; « Burkina: les agents GRH exigent la démission du ministre de la Fonction publique » sur http://bit.ly/2KZU5K7 du 27 août 2019.

[2] Voir, entre autres, « Transport au Burkina : Les routiers veulent la tête du président de l’OTRAF » sur http://lepays.bf/55186-2/ du 27 août 2018 ; « Éducation : Le SYNTEF, un nouveau syndicat en désaccord avec la CNSE » sur https://lefaso.net/spip.php?article89981 du 31 mai 2019.

[3] Voir entre autres, « Mouvement d’humeur des policiers au Burkina Faso » sur http://bit.ly/2KTWEvU du 27 octobre 2017 ; « Mouvement d’humeur au sein de la GSP : L’administration pénitentiaire en appelle à la conscience des manifestants » sur  https://lefaso.net/spip.php?article86302 du 7 novembre 2018 ; « Mouvement d’humeur à la police : L’UNAPOL n’est pas l’investigateur » (il faut comprendre « instigateur ») sur http://bit.ly/2KQr2Yd du 7 mars 2019 ; vidéo « L’APN invite le gouvernement à prendre des mesures nécessaires… » sur http://bit.ly/2TMlWjF du 31 mai 2019 ; « Burkina Faso: la colère de certains militaires après l’attaque de Koutougou » sur http://bit.ly/2Pg83f0 du 24 aout 2019.

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Descripteurs intrasaisonniers et rendements

Posté par Youssoufou OUEDRAOGO le 5 décembre 2015

Les corrélations entre certains descripteurs intrasaisonniers (DIS) et les rendements de certaines céréales sont perceptibles dans la zone sahélienne et non perceptibles dans la zone soudanienne (Burkina Faso. Etudes PANA-Japon/Equipe LAME-UO, 2013). Ces corrélations peuvent bien être établies avec des indicateurs socioéconomiques.

Données météo utilisées

Données journalières de 1981-2010 de neuf stations synoptiques :

  • Gaoua, Bobo Dioulasso et Po pour la zone soudanienne (ZSo) ;
  • Dédougou, Boromo, Fada N’Gourma et Ouagadougou pour la zone soudanosahélienne (ZSS) ;
  • Ouahigouya et Dori pour la zone sahélienne (ZSa).

Descripteurs intrasaisonniers calculés et utilisés

Il s’agit de :

  • durée de la plus longue séquence sèche en juin (PLSS juin), période des semis ;
  • durée de la plus longue séquence sèche en juillet-août-septembre (PLSS JAS), période de croissance ;
  • début de saison pluvieuse (DSP) ;
  • durée de saison pluvieuse (durée SP) ;
  • fin de saison pluvieuse (FSP) ;
  • précipitations moyennes par jour pluvieux (SDII ou PM/JPx) ;
  • précipitations de la période juillet-août-septembre (PJAS) ;
  • précipitations annuelles totales (P).

Rendements utilisés

Il s’agit des données de 1984 à 2008 des provinces concernées pour les trois principales céréales : mil, sorgho et maïs (DGPER-Direction des statistiques agricoles). Ces céréales sont pratiquées sur 29%, 35% et 11%, respectivement, des superficies céréalières qui, elles, représentent 78% des superficies cultivées (PNSR, 2012).

Graphiques de corrélations obtenus

Capture correlation climat rendement

 

Corrélation bisFig. Mêmes données sous une autre présentation (PL/JPx = SDII)

Dans la zone soudanienne (ZSo), les DIS ont été globalement neutres vis-à-vis des rendements, avec des corrélations comprises entre -0,09 et 0,18, alors que pour la zone sahélienne (ZSa), les corrélations sont plus importantes (entre -0,43 et 0,48). En zone soudanosahélienne (ZSS), on a une situation intermédiaire.

Réserves d’échelle

Les agrégations spatiales et temporelles à l’échelle de l’étude, essentielles et inévitables pour faire ressortir un signal climatique sur les rendements, occultent des hétérogénéités importantes aux échelles locales (communes, villages, parcelles). Pour ces échelles inférieures, des approches circonstanciées restent indispensables à condition de disposer des données.

Deux niveaux d’intérêt au moins

1 Aux échelles régionales ou nationales, cela permet aux services publics concernés, des formulations motivées de vision et de stratégies d’ajustements agronomiques, puis d’adaptation aux évolutions climatiques.

2 Il est possible de déporter cette étude de corrélations sur des aspects socioéconomiques : par exemple, corréler les DIS avec des dépenses d’irrigation et autres interventions complémentaires pour maintenir un certain niveau de rendement (ou de rentabilité). Pour des institutions comme Bagré Pôle ou des sociétés comme SOSUCO, ça pourrait être un bon outil de planification.

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Ecole de Ouattinoma : les performances des filles en question

Posté par Youssoufou OUEDRAOGO le 31 août 2015

Une baisse régulière, au fil des classes, de performance des filles saute à l’œil à l’école primaire de Ouattinoma. C’est le constat de ce samedi 25 juillet 2015, lors d’une remise de prix aux meilleurs élèves : au CP1, les 6 premières sont des filles alors qu’au CM1, il n’y en a plus qu’une seule, en 4ème position, parmi les 6 meilleurs.

Lire l’article entier en suivant le lien : fichier pdf Ecole de Ouattinoma_performance des filles en question

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Crépuscule des lunes soleils ?

Posté par Youssoufou OUEDRAOGO le 30 juillet 2015

Tellement facile !

Applaudir d’indignation, rire des larmes.

Fermer l’œil pour voir de l’or plein les cauris.

Tellement simple !

Monter sur des gouffres, descendre dans des sommets

Pour ensuite léger devenir, aussi léger que lourd, on était.

Pour ensuite s’envoler, voler aussi haut que bas on était.

Tellement facile !

Conduire dans l’abîme !…

(Extrait de « Lettre à mon Berger »)

 

Crépuscule des lunes soleils ?

Flétris et passés les uns,

Poussent et arrivent les autres.

Le Berger filé, ses moutons s’exhibent, ou le tentent

Toujours au plus donnant,

L’ondoyant et plastique immatériel,

Valeurs et conscience, mouchées

Et résidus essuyés, par terre jetés.

 

Se lèvent ou le tentent, les honneurs descendus

Dans un pullulement de principes grillés à cendres ;

Quand s’élancent des astres à la coque séchée,

Constellation aux jus assassins

Evanescentes étoiles se croyant polaires, désormais.

Attirés et fraîchement réchauffés,

Des moutons ne se rêvent plus que bergers nouveaux.

Le soleil en vain déraisonné, filé,

Se veulent « soleil parti, vive le soleil ! »

Ne se voient ni tiédies ni rancies,

Vivent leur crépuscule en rêves d’aurore.

 

Des principes, par leur soleil, liquéfiés

Par leur attirail qui les a perforés

Qui les faisait dédire tous leurs saints devant les hommes.

Des convictions polluées, inondées à l’asphyxie

Par les bris à tout rompre des repères.

Des références étirées à en perdre haleine et limite,

Des aciers délayés en papier aluminium

Des porcs épics aux piquants ramollis ;

Des polyglottes à deux mots : ça passe !

 

Et que de brebis qui niaisent !

Volontiers éblouis par des croissants lunaires,

Oubliant leurs pieds, elles se traînent sur le dos

Pour ventre, mieux montrer

A des moutons qui puent leur laine !

Qui ne sentent plus mouches ni rien

Que leur berger d’il y a trois ou quatre pas.

 

De l’air, pour respirer !

De l’air, s’il vous plaît !

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DTPI 07 : Juger les faits, pas les personnes !

Posté par Youssoufou OUEDRAOGO le 19 juillet 2015

« La République, qui joue sa légitimité dans les confrontations, a une préoccupation centrale : bannir la force mortelle »[i]. Tout comme « au choc des idées jaillit la lumière »[ii], cette « force mortelle » jaillit de la confrontation des personnes.

On parle tous de débats d’idées et on jure tous ne pas tomber dans les débats de personnes. Dans la pratique, il en va parfois autrement et voici un exemple, peut-être pas le plus grave mais certainement le plus largement vu/entendu.

Au cours d’une émission d’entretien d’une station nationale de télévision privée, entretien relatif à la vérité comme l’indique le nom de l’émission, les téléspectateurs ont dû constater que vers la fin, l’Animateur demande à l’Invité ce qu’il pense de X, de Y puis de Z, et ainsi de suite. Ce qui revient, pour l’Invité, à porter un jugement sur les personnes ainsi énumérées. Pour ce que j’ai pu suivre, en dehors de Dadis Camara, tous les Invités se sont « sérieusement » prêtés à ce jeu.

En vérité, ni l’Animateur, ni l’Invité d’une émission (pouvant être un Étranger) ne peut disposer de connaissances et d’informations suffisantes sur les personnes ainsi soumises à un jugement public global et lapidaire (en quelques minutes, voire quelques secondes), sans possibilité d’interaction immédiate. Même au cours d’un procès avec des magistrats, spécialistes du jugement, ce sont des faits qui sont ciblés pour les débats et non les personnes en elles-mêmes. Et rien que pour cela, on voit bien l’importance de l’information (judiciaire) préalable, de même que les précautions codifiées en interne (délais, procédures, appels, renvois, cassations, etc.) et à l’extérieur du pays (recours, CEDAEO, UA, etc.). A cela, il faut ajouter la présence systématique d’un défenseur (avocat ou assimilé), le tout visant à officiellement minimiser les erreurs, à défaut de les éviter complètement !

D’une manière générale, les réponses à ce type de questionnement, en très large public, ciblé sur des personnes peuvent relayer, nourrir et développer des préjugés au sein de l’opinion et des ressentiments à même de rendre subjectif le débat public. Mais plus grave, il tend à focaliser ledit débat sur les personnes et non sur leurs productions intellectuelles (idées, analyses, réflexions, etc.) ou leurs comportements ponctuels (déclarations, activismes spécifiques, etc.). S’il y a des prises de paroles, des faits ou des actes (de X ou Y) qui méritent d’être « jugés », ils doivent être clairement ciblés à l’attention de l’Invité qui doit s’y tenir tout comme le juge doit s’en tenir aux faits.

L’enjeu, confrontation d’idées vs confrontation de personnes, bien que régulièrement rappelé et clarifié par les débatteurs eux-mêmes, reste prégnant alors que notre transition manque de références historiques « copiables » sur plusieurs aspects essentiels. Nous avons donc besoin que s’installe à un degré suffisant une écoute et des débats publics sans trop de parasites (considérations subjectives). On ne peut certainement pas les éviter complètement mais on peut et il faut les réduire substantiellement car ils pourrissent lesdits débats, les rendent méprisables et repoussants.

nb : L’essentiel de ce qui est exposé ci-dessus a été posté le 18 juin passé sur la page Facebook de la station en question.

 


 

[i] Fabien Jobard (sociologue français), Le Monde Culture & Idées, 7 février 2015.

[ii] Nicolas Boileau, philosophe français du 17e siècle.

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Nouvel hébergement, nouveau blog

Posté par Youssoufou OUEDRAOGO le 28 juin 2021

Trouvez moi désormais sur

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Leçon de Solhan, sous la mousse.

Posté par Youssoufou OUEDRAOGO le 9 juin 2021

Dans pratiquement tous les segments de notre vie publique, les acteurs savent produire de la bonne mousse. Mais la mousse ne vaut que par le fond sur lequel elle repose : thé, bière, savon, etc. Si à chaque épreuve, lorsqu’elle se dégonfle, on constate qu’il ne reste plus grand-chose au fond, il y a un problème. En serait-il ainsi des grandes opérations anti-terroristes, chez nous ? Cette question s’installe, de fait, dans les esprits, qu’on le veuille ou non, et bien qu’on ne puisse pas contester la pertinence et la nécessité de ces opérations.

Impératif de base

Que nous ne soyons pas « pourri » en moyens pour tout faire en même temps et au même moment, c’est possible ! En revanche, nous devons et pouvons développer l’intelligence et la mentalité de nos moyens : le crapaud ne peut gagner son combat qu’avec une bonne stratégie et des moyens de crapaud. Et le lion, malgré sa force et ses « armes », attaque toujours par surprise et par ruse.

De Otapuanu à Houné, sans être dans les secrets des dieux, cela semble être la même approche précaire : après les opérations, les troupes replient et le terrorisme se recharge petit à petit, pour finir par devenir arrogant (comme vu dans des vidéos), ou dispose de toute latitude spatiotemporelle pour préparer des massacres d’envergure (comme c’est la cas présent à Solhan).

On doit comprendre et intégrer le fait qu’aucune dissuasion ne marche avec les terroristes, pas plus que leurs cinglantes défaites et débandades à chaque affrontement direct. Ça nous rassure temporairement, mais ces « choses » n’ont de sens, ni à leurs yeux de combattants, ni dans l’esprit de leurs survivants au cas où. Ces derniers, comme des zombies, sont toujours prêts pour repartir à leur « combat », et la mort, une banalité en bandoulière, une moindre chose pour la plupart d’entre eux (Shekau a préféré s’auto-exploser que de se laisser capturer). En clair, on a beau les anéantir, il en reviendra toujours, dès que les « policiers » auront tourné le dos, à la manière des vendeurs illégaux à la sauvette.

Sans être un expert de ces questions, et dans l’ignorance de ce qui se passe dans les coulisses, nous devons réussir à planifier l’occupation stable des espaces reconquis après les grandes opérations anti-terroristes. Il ne s’agirait pas d’une symbolique présence, à vocation dissuasive (cela n’a pas de sens pour les terroristes), mais d’une occupation stratégique avec toutes les implications nationales. Cela est (ou devra être) de notre souveraineté et n’a pas à être déterminé/conditionné par un quelconque aléa (soit-il favorable).

Pour réussir cet impératif, il faut construire stratégiquement des convergences sur la question sécuritaire, élargir nos volumes de projections nationales, et déconstruire le concept de « ministre de terrain ».

Construire des convergences

La construction des convergences, autour de nos enjeux nationaux, en général, du terrorisme en particulier, doit être entretenue et mise en routine par le haut (les fameux « grands commis » de l’Etat), sans fioritures ni faux-fuyants.

Ce que l’on constate, c’est que dans le cadre de leur fonction nationale, ces « grands commis » ne parlent pas à la nation, au pays entier, mais à une partie des burkinabè (ceux qui les soutiendraient) et raillent ou multiplient par zéro tout le reste. Leurs contradicteurs de tous genres sont assimilés à des gens de « mauvaise foi », à des « non-sincères » et n’ont droit qu’à leur mépris explicite. La représentation nationale est ainsi dégradée en exercice partisan, voire clanique, ou carrément supplantée par leur personnage et personnalité propres. Et cela, face à l’épreuve, c’est-à-dire, là même où l’on aurait besoin d’une exaltation de l’exercice de la représentation nationale, trans-partisane et trans-sociale. Ces pratiques compliquent toute construction de convergence pour faire face à une épreuve nationale ou la rendent « marchandable » : chacun exigeant ou négociant une contrepartie à son implication dans la réponse à la dite épreuve.

Le résultat d’étape actuel (on n’en sait rien pour la suite) c’est ce que l’on constate depuis le weekend. On se perd en conjectures et en questionnements : alors que certains essayent d’utiliser le drame pour alimenter leur propre plan, envers et contre toute autre considération, d’autres exhibent leurs offres et conditions. Et pour ceux qui sont « tenus » de dire quelque chose dans les flammes mêmes de la douleur, cela tourne en opération « acquit de conscience ». Mais peut-il en être autrement !

Il ne reste plus qu’à espérer que tout cela ne démobilise la réflexion sur ce douloureux événement (et sur tout autre enjeu national), réflexion qui a besoin d’un peu plus de recul.

Elargir nos volumes de projection nationale

Nous devons élargir nos horizons de projection de notre pays pour prendre en compte tous les possibles, et en subir toutes les implications nationales opérationnelles, évidemment, dans les limites de nos capacités.

Que l’on constate, en milieu rural, par exemple, les horizons et espaces de projections nationales faibles (la saison et les localités environnantes), c’est compréhensible, vu la précarité sanitaire et le déficit d’instruction, entre autres.

Mais lorsqu’au niveau des acteurs décisifs nationaux, ces volumes de projections se retrouvent aussi restreints, il y a un problème. En effet, vu ce qui s’est passé (et se passe) au Mali et au Niger, après Yirgou (quoique dans un autre registre), et le massacre des femmes de Arbinda en décembre 2019, l’hypothèse d’un Solhan (si on conceptualise) était plausible. En toute logique, quelque chose devait être prépositionné, dans les limites du possible, évidemment, relativement aux prises d’information rapides et au raccourcissement des délais d’intervention de nos forces sur les terrains d’opération des terroristes. Il n’est plus compréhensible que ces interventions le soient toujours après coup, comme ce fut le cas, juste pour ratisser.

Quelque chose était-il prépositionné, et n’a pas fonctionné ? Le PM a promis que « cette incurie que nous constatons ne restera pas impunie » (au 20 h de la RTB du 7 juin). On attend d’en savoir davantage.

En finir avec le concept de « ministre de terrain »

Un ministre est ministre, un point c’est tout ! Dès lors qu’on lui accole un attribut, on restreint la fonction, on l’oriente, en fait, on la désoriente. Ce concept et les pratiques qu’il détermine, nés sous la Révolution par opposition au « bureaucrates » et aux « discours papier longueur », est, de nos jours et dans bien de cas, un cache misère de la vacuité en matière d’orientation et de réflexion stratégiques nationales. Les « parades » verbales (parfois en réponse à des acteurs des réseaux sociaux) qui accompagnent concept, le sont tout autant.

Faut-il le rappeler, les réseaux, pour importants qu’ils soient dans le débat public, ne sont pas encore évalués, chez nous, quant à leur niveau de conformité ou de représentativité d’une « opinion nationale » quelconque. Cette dernière étant elle-même, très mobile et insaisissable, comme c’est le cas de toute jeune nation, en construction.

Pour terminer

Les nations se construisent et se raffermissent face aux épreuves douloureuses et difficiles, semble-t-il, à condition qu’elles soient surmontées collectivement, sous une forme ou une autre. Les soldats à la retraite rappelleront que si les liens entre eux sont souvent si forts, à la base, c’est grâce aux rudes épreuves collectivement subies aucours de la formation et de la vie militaires.

On peut benoitement penser que c’est de bonne guerre, que d’utiliser chaque pic de la crise terroriste pour nourrir son plan politique spécifique ! Mais l’exemple du MNLA est toujours là pour nous édifier. S’il y a un domaine où le succès est, a priori, dans l’intérêt de tous le plans et projets politiques nationaux, c’est bien celui de la lutte anti-terroriste

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Emission « C’est écrit »

Posté par Youssoufou OUEDRAOGO le 21 mai 2021

Emission enregistré le 20 avril et diffusé le 5 mai

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Vu à un concours (ingénieurs des travaux statistiques)

Posté par Youssoufou OUEDRAOGO le 27 août 2020

CONCOURS INGÉNIEURS DES TRAVAUX STATISTIQUES, Option Mathématiques (avril 2019).

CONTRACTION DE TEXTE (Durée de l’épreuve : 3 heures)

Ce texte est tiré du livre de Monsieur Yuval Noah Harari intitulé : « 21 leçons pour le XXIe siècle » paru aux éditions Albin Michel en 2018 (pages 279 à 288). Il doit être résumé en 250 mots (plus ou moins 10%).

TEXTE:

Education : La seule constante est le changement

L’humanité est confrontée à des révolutions sans précédent, tous nos vieux récits s’émiettent, et aucun nouveau récit n’est jusqu’ici apparu pour les remplacer. Comment nous préparer, nous et nos enfants, à ce monde de transformations inédites et d’incertitudes radicales ? Un bébé qui naît aujourd’hui aura trente et quelques années en 2050. Si tout va bien, il sera encore là en 2100 et pourrait bien être un citoyen actif du XXIIème siècle. Que devrions-nous enseigner à ce bébé pour l’aider à survivre et à s’épanouir dans le monde de 2050 ou du XXIIème siècle ? De quel genre de compétences aura-t-il besoin pour trouver un emploi, comprendre ce qui se passe autour de lui et se repérer dans le dédale de la vie ?

Hélas, personne ne sachant de quoi le monde aura l’air en 2050 –pour ne pas parler de 2100-, ces questions demeurent sans réponses. Bien entendu, les hommes n’ont jamais su prédire l’avenir avec exactitude. Mais c’est aujourd’hui plus difficile que jamais : en effet, dès lors que la technologie nous permet d’intervenir dans le corps, le cerveau et les esprits, nous ne pouvons plus être sûrs de rien, y compris de ce qui semblait fixe et éternel.

Voici un millier d’années en 1018, il y a beaucoup de choses que les gens ignoraient de l’avenir, mais ils n’en étaient pas moins convaincus que les traits de base de la société humaine n’allaient pas changer. Si vous viviez dans la Chine de 1018, vous saviez qu’en 1050 l’empire des Song pouvait s’effondrer, que les Khitan pouvaient envahir le pays par le nord et 2 que les épidémies pouvaient faire des millions de morts. En revanche, il était clair qu’en 1050, la plupart travailleraient toujours comme paysans et tisserands, que les souverains continueraient de recruter des hommes pour leurs armées et leurs bureaucraties, que les hommes domineraient encore les femmes, que l’espérance de vie tournerait autour de quarante ans et que le corps humain serait exactement le même. Dans la Chine de 1018, donc, les parents pauvres apprenaient à leurs enfants à planter du riz et à tisser la soie ; les plus riches apprenaient aux garçons à lire les classiques confucéens, à pratiquer la calligraphie et à se battre à cheval ; aux filles à être des épouses pudiques et soumises. A l’évidence, ces talents seraient encore nécessaires en 1050.

Aujourd’hui, au contraire, nous n’avons aucune idée de quoi la Chine ou le reste du monde auront l’air en 2050. Nous ne savons pas comment les gens gagneront leur vie, comment les armées ou les bureaucraties fonctionneront, ni à quoi ressembleront les relations entre hommes et femmes. D’aucuns vivront probablement bien plus longtemps qu’aujourd’hui. Du fait du génie biologique et des interfaces directes cerveau-ordinateur, le corps humain lui-même pourrait bien subir une révolution sans précédent. Une bonne partie de ce que les enfants apprennent aujourd’hui n’aura probablement plus aucune pertinence en 2050.

A l’heure actuelle, trop d’écoles privilégient l’accumulation d’information. Cela avait du sens autrefois parce qu’elle était rare et que la censure coupait régulièrement sa lente diffusion. En 1800, l’habitant d’une petite ville provinciale du Mexique ne pouvait pas savoir grand-chose du monde : il n’y avait ni radio, ni télévision, ni quotidiens ni bibliothèques publiques. La situation était largement la même dans les villes de province en Russie, en Inde, en Turquie ou en Chine. Apprenant à chaque enfant à lire et à écrire tout en lui inculquant des rudiments de géographie, d’histoire et de biologie, les écoles modernes représentèrent un immense progrès.

Au XXIème siècle, à l’opposé, nous sommes inondés d’énormes quantités d’informations […]. Les habitants du monde entier sont à un clic des toutes dernières informations sur le bombardement d’Alep ou la fonte de la calotte glacière dans l’Arctique, mais les versions contradictoires sont si nombreuses qu’il est difficile de savoir laquelle croire. En outre, bien d’autres choses sont à portée de clic, ce qui ne nous aide pas à nous concentrer. Quand la politique ou la science paraissent trop compliquées, il est tentant de passer à des vidéos amusantes de chats, ou des échos sur les stars.

Dans un tel monde, donner plus d’informations à ses élèves est la dernière chose qu’ait besoin de faire un enseignant. Ils en ont déjà beaucoup trop. Il leur faut plutôt apprendre à en dégager le sens, à distinguer l’important de l’insignifiant, et surtout à associer les multiples bribes d’informations en une vision d’ensemble du monde. […]

Que devrions-nous donc enseigner ? De nombreux spécialistes de pédagogie affirment que les écoles devraient passer à l’enseignement des « quatre C » : pensée critique, communication, collaboration et créativité. Plus généralement les écoles devraient minimiser l’importance des compétences techniques pour privilégier les compétences générales nécessaires dans la vie courante. La plus importante de toutes sera la capacité d’affronter le changement, dans des situations peu familières. Pour être à la hauteur du monde de 2050, il 3 faudra non seulement inventer des idées et des produits, mais d’abord et avant tout se réinventer sans cesse.

En effet, avec l’accélération du changement, l’économie, mais aussi le sens même de « l’être humain » sont susceptibles de se transformer. Dans le Manifeste communiste de 1848, Marx et Engels déclaraient déjà que « tout ce qui est solide se volatilise ». Mais ils pensaient surtout aux structures sociales et économiques. En 2048, les structures physiques et cognitives se volatiliseront elles aussi dans l’air ou dans un cloud de bits de données.

En 1848, des millions de gens quittaient les fermes de leurs villages pour aller travailler en usine dans les grandes villes. Là, il était peu probable de les voir changer de sexe ou ajouter un sixième sens. Et s’ils trouvaient du travail dans une usine textile, ils pouvaient espérer le conserver jusqu’à la fin de leur vie active. […]

Mais ne prenez pas ce scénario à la lettre. Nul ne saurait prédire les changements précis dont nous serons les témoins. Tout scénario particulier risque d’être bien loin de la vérité. Si quelqu’un vous décrit le monde du milieu du XXIème siècle et que cela ait des airs de science-fiction, probablement sa description est-elle fausse. Mais si quelqu’un vous décrit le monde du milieu du XXIème siècle et que cela n’ait pas des airs de science-fiction, sa description est certainement fausse. Nous ne pouvons être sûrs des détails ; la seule certitude, c’est le changement.

Un tel changement en profondeur peut fort bien transformer la structure élémentaire de la vie et faire de la discontinuité son trait saillant. Depuis des temps immémoriaux, la vie se divisait en deux parties complémentaires : une période d’apprentissages, suivie d’une période de travail. Dans la première, vous aviez accumulé des informations, acquis des compétences, élaboré une vision du monde et construit une identité stable. Même si à quinze ans vous passiez le plus clair de votre journée à travailler dans le champ de riz familial (plutôt qu’à l’école), votre activité la plus importante était d’apprendre : à cultiver le riz, à négocier avec les marchands cupides de la grande ville et à résoudre des conflits avec les autres villageois sur des questions de terre et d’eau. Dans la seconde partie, vous vous en remettiez à vos connaissances accumulées pour naviguer dans le monde, gagner votre vie et contribuer à la société. Bien entendu, à cinquante ans, vous continuiez à apprendre des choses nouvelles sur le riz, les marchands et les conflits, mais ce n’étaient que des petits ajustements de capacités bien rodées ?

Au milieu du XXIème siècle, l’accélération du changement et l’allongement de la durée de la vie rendront ce modèle traditionnel obsolète. La vie craquera aux entournures, il y aura de moins en moins de continuité entre les différentes périodes de l’existence. « Qui suis-je ? » sera une question plus urgente et compliquée que jamais.

Cela induira probablement des niveaux de stress considérables. Car le changement est presque toujours stressant. Passé un certain âge la plupart des gens n’aiment pas changer. A quinze ans, votre vie entière est changement. Le corps grandit, l’esprit se développe, les relations s’approfondissent. Tout est en mouvement, tout est nouveau. Vous êtes occupé à vous inventer. La plupart des ados s’en effraient, mais c’est aussi excitant. De nouveaux horizons s’offrent à vous, vous avez un monde à conquérir.

A cinquante ans, vous n’avez pas envie de changement ; la plupart ont alors renoncé à conquérir le monde. J’ai déjà été là, j’ai déjà fait çà, acheté ce T-shirt. Vous préférez de 4 beaucoup la stabilité. Vous avez tellement investi dans vos compétences votre carrière, votre identité et votre vision du monde que vous n’avez aucune envie de tout recommencer. Plus vous avez travaillé dur pour construire quelque chose, plus il vous est difficile de le lâcher pour faire place à du nouveau. Vous pourriez encore apprécier les expériences nouvelles et les petits ajustements, mais à la cinquantaine, la plupart des gens ne sont pas prêts à chambouler les structures profondes de leur identité et de leur personnalité.

Il y a des raisons neurologiques à cela. Bien que le cerveau adulte soit plus flexible et changeant qu’on ne le pensait autrefois, il reste moins malléable que celui d’un adolescent. Reconnecter les neurones et recâbler les synapses est une tâche sacrément difficile. Au XXIème siècle cependant, on ne peut guère se permettre la stabilité. Si vous essayez de vous accrocher à une identité stable, un travail ou une vision du monde, vous risquez fort de vous retrouver en rade tandis que le monde continuera sa course folle. L’espérance de vie étant susceptible d’augmenter, vous pourriez passer des décennies dans un état de fossile paumé. Pour garder une pertinence –économique, mais aussi sociale-, un jeune de cinquante ans devra être capable d’apprendre et de se réinventer constamment.

L’étrangeté devenant la nouvelle norme, vos expériences passées, comme celles de toute l’humanité, deviendront des guides moins fiables. Les individus et l’humanité dans son ensemble devront de plus en plus affronter des choses que personne n’aura encore jamais rencontrées : machines super-intelligentes, corps modifiés, algorithmes capables de manipuler vos émotions avec une mystérieuse précision, enchaînement rapide de cataclysmes climatiques produits par l’homme et nécessité de changer de profession tous les dix ans. Face à une situation totalement inédite, quelle est la bonne attitude ? Comment se conduire quand on est inondé d’énormes quantités d’information et qu’il n’y a absolument aucun moyen de l’absorber et de l’analyser dans sa totalité ? Comment vivre dans un monde où l’incertitude n’est pas un bug, mais un trait caractéristique ?

Pour survivre et s’épanouir dans un monde pareil, il faut beaucoup de souplesse mentales et de grandes réserves d’équilibre émotionnel. Vous devrez vous défaire régulièrement d’une partie de ce que vous connaissez le mieux pour vous sentir à l’aise dans l’inconnu. […]

Mais alors, à quoi se fier ? A la technologie ? C’est un pari encore plus risqué. Elle peut vous aider beaucoup, mais si elle prend trop d’ascendant dans votre vie, vous pouvez devenir l’otage de son ordre du jour. Voici des milliers d’années, les humains ont inventé l’agriculture, mais cette technologie n’a enrichi qu’une minuscule élite tout en asservissant la majorité. De l’aube au crépuscule, la plupart des gens étaient occupés à arracher des herbes sauvages, à porter des seaux d’eau et à ramasser le blé sous un soleil de plomb. Vous pouvez devenir victime du même schéma.

La technologie n’est pas mauvaise en soi, si vous savez ce que vous voulez dans la vie, elle peut vous aider à l’obtenir. Si vous ne le savez pas, ce sera un jeu d’enfants pour elle de façonner vos objectifs à votre place et de prendre le contrôle de votre existence. La technologie parvenant à mieux comprendre les humains, vous pourriez vous retrouver de plus en plus à son service au lieu d’être servi par elle. […]

Afin de réussir dans cette tâche aussi redoutable, il vous faudra consentir de gros efforts pour mieux connaître votre système opératoire. Savoir qui vous êtes et ce que vous attendez 5 de la vie. C’est bien entendu le plus vieux conseil du monde : connais-toi toi-même. Depuis des milliers d’années, philosophes et prophètes pressent les gens de se connaître, mais ce conseil n’a jamais été plus impérieux qu’au XXIème siècle parce que la concurrence est autrement plus sérieuse aujourd’hui qu’au temps de Lao-Tseu ou de Socrate. Coca-Cola, Amazon, Baidu et l’Etat sont tous engagés dans une course pour vous hacker, vous pirater. Pas uniquement votre Smartphone, votre ordinateur ou votre compte en banque, mais vous-même et votre système opératoire organique. Sans doute avez-vous entendu dire que nous vivons à l’époque du piratage des ordinateurs, mais ce n’est guère qu’une moitié de la vérité. En vérité, nous sommes entrés dans l’ère du hacking des êtres humains.

Dès maintenant, les algorithmes vous surveillent. Ils observent vos déplacements, vos achats, vos rencontres. Bientôt, ils surveilleront vos pas, votre respiration, les battements de votre cœur. Ils s’en remettent aux Big Data et à l’apprentissage automatique pour vous connaitre de mieux en mieux. Et du jour où ces algorithmes vous connaîtront mieux que vous ne vous connaissez vous-mêmes, ils pourront vous contrôler et vous manipuler sans que vous n’y puissiez grand-chose. Vous vivrez dans la matrice ou dans le Truman Show. Somme toute, c’est une simple question empirique : si les algorithmes comprennent ce qui se passe en vous réellement mieux que vous ne le comprenez, c’est à eux que reviendra l’autorité.

Bien entendu, vous pourriez être heureux de céder toute l’autorité aux algorithmes et de les laisser décider pour vous et le reste du monde. En ce cas, détendez-vous, et bon voyage ! Vous n’avez rien à faire. Les algorithmes s’occuperont de tout. Si toutefois, vous voulez garder un certain contrôle sur votre existence personnelle et l’avenir de la vie, vous devez courir plus vite que les algorithmes, plus vite qu’Amazon et l’Etat, et apprendre à vous connaître avant eux. Pour courir vite, ne prenez pas trop de bagages. Abandonnez toutes vos illusions, elles sont trop lourdes.

Source: http://backoffice.capesa.ensai.fr/storage/uploads/2019/04/24/5cc038af5d519ITS-B-maths-2019-sujets.pdf (voir 8ème page et suites du PDF).

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Citoyenneté civisme et enseignement général

Posté par Youssoufou OUEDRAOGO le 3 juillet 2020

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